lundi 6 février 2012

JEAN D' ORMESSON


Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Le Fèvre d’Ormesson (parfois surnommé Jean d’O), né le 16 juin 1925 à Paris VIIe, est un homme de lettres, un romancier et chroniqueur français, membre de l’Académie française. Il est le père de l'éditrice Héloïse d'Ormesson et le cousin d'Olivier d'Ormesson.


Jean d'Ormesson est le fils d'André d'Ormesson, ambassadeur de France. Sa mère, née Marie Anisson du Perron, descend des Le Peletier. Parmi ses ancêtres se trouvent le conventionnel Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau ainsi que le juge Olivier Le Fèvre d'Ormesson, disgracié suite au procès de Nicolas Fouquet. Il a passé son enfance au château de Saint-Fargeau, qui appartenait à sa mère. Cet épisode de sa vie est évoqué dans Au plaisir de Dieu. Il a aussi passé une partie de sa jeunesse en Bavière (de 1925 à 1933), en Roumanie et au Brésil, à Rio de Janeiro2.
Élevé par sa mère jusqu'à l'âge de 14 ans2, il entre à 19 ans à l'École normale supérieure. Licencié en lettres et histoire, il est admis ensuite à l'agrégation de philosophie.
En 1950, il devient secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO, avant d'en devenir le président en septembre 1992.
Le 2 avril 1962, il épouse à Paris dans le 16e, Françoise Béghin, née dans cet arrondissement le 26 juin 1938, qui n'est autre que la fille benjamine de Ferdinand Béghin, magnat du sucre et de la presse, PDG de la société Béghin-Say. Elle est également la cousine (par sa tante paternelle) du cinéaste Louis Malle3.
Il est rédacteur en chef adjoint (1952-1971), membre du comité de rédaction (depuis 1971), puis rédacteur en chef de la revue Diogène (sciences humaines). Il est plusieurs fois conseiller dans des cabinets ministériels (dont celui de Maurice Herzog à la Jeunesse et aux Sports) et membre de la délégation française à plusieurs conférences internationales, notamment à l'Assemblée générale des Nations unies en 1948.
En 1970, il devient directeur du Figaro. Il rédigeait chaque semaine un article dans le supplément du dimanche de ce quotidien dont le rédacteur en chef était Louis Pauwels (co-auteur du Matin des magiciens). Ses opinions sur la guerre du Viêt Nam lui vaudront des paroles très dures de Jean Ferrat dans la chanson Un air de liberté.
Les romans de Jean d'Ormesson échappent souvent aux conventions du genre romanesque, en particulier à la construction d'une intrigue autour de quelques personnages. De nombreuses digressions, un défilé permanent d'anecdotes où se déploient l'humour et l'érudition du normalien, quelques motifs récurrents, en font une inlassable méditation sur le temps qui passe, qui peut prendre parfois aussi l'allure d'un traité de vie : La Gloire de l'Empire, Dieu sa vie son œuvre, Histoire du Juif errant, La Douane de mer, Presque rien sur presque tout.
La dimension autobiographique est toujours très présente, en particulier dans Du côté de chez Jean, Au revoir et merci, Le Rapport Gabriel, C'était bien, livres à mi-chemin entre le récit et l'essai où d'Ormesson parle de lui-même, non sans de fortes répétitions, se dépeignant avec une vraie-fausse modestie face à toutes ces embûches qui voudraient nous priver du simple bonheur d'exister.
Dans ses derniers livres, il explore d'autres voies (Casimir mène la Grande Vie), introduisant des personnages différents (Voyez comme on danse) ou brisant l'icône du d'Ormesson gai (Une Fête en larmes).
Jean d'Ormesson continue régulièrement sa collaboration à la rubrique « Débats et opinions » du journal Le Figaro. La première biographie à son sujet, écrite par Arnaud Ramsay, Jean d’Ormesson ou l'élégance du bonheur, a été publiée en 20094.
En 2011, il devient le parrain des nouvelles promotions de l'École nationale supérieure des techniques et de l'industrie des mines d'Alès, c'est-à-dire de tous les élèves ayant intégré l'école lors de la rentrée scolaire 2010 sur concours national. Ces promotions sont la 162e promotion par formation initiale, les élèves de la 161e promotion ayant intégré l'école en 2010, la 33e promotion de formation continue et la 3e promotion de formation par apprentissage5.
Académie française[modifier]

Jean d'Ormesson a été élu à l'Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil 12, succédant à Jules Romains, mort le 14 août 1972. Il sera le grand artisan de l'entrée sous la coupole de Marguerite Yourcenar, la première femme admise dans l'illustre compagnie en 19802. Il répond à son discours de remerciement en 1981 et reçoit également Michel Mohrt en 1986 et Simone Veil le 18 mars 2010. Il est doyen d'élection de l'Académie française depuis la mort de Claude Lévi-Strauss en 2009.

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