jeudi 22 novembre 2012
PATRICK ALLENBACH
Le Tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse, après avoir ordonné le huis clos dans le procès de l'ex-animateur vedette de la TSR, l'a condamné à trois ans de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur mineurs.
Patrick Allenbach, vêtu de noir, à son arrivée au tribunal.
Lors d'une audience à huis clos, l'ex-animateur devait répondre d'agressions sexuelles sur de jeunes garçons mineurs.
«Le résultat est tout a fait satisfaisant» a déclaré dans la soirée l'avocat de Patrick Allenbach, Me Georges Rimondi, après le procès qui s'est déroulé au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse (F).
Le juge a suivi les réquisitions du procureur François Blanc pour la prison avec sursis, sans destituer l'ancienne vedette de la TSR de ses droits civiques comme l'avait demandé le ministère public.
Patrick Allenbach, âgé de 67 ans, qui est retraité et conseiller municipal à Sergy, une petite commune française, voit sa condamnation assortie d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins. Il a aussi été condamné à 12'000 euros et 8000 euros de dommages et intérêts pour deux parties civiles, alors que le procureur avait requis 30'000 euros de dommages au total, selon l'avocat.
L'audience devait initialement être publique. Mais constatant la présence de nombreux médias français et suisses, un des avocats des parties civiles Me Jean-Pierre Benoist, avait demandé le huis clos, en raison de la «souffrance» des victimes.
Toutefois, le procureur a émis des «réserves» sur ce huis clos, estimant que Patrick Allenbach, notable d'une petite commune de l'Ain, était une personnalité publique. Mais il s'en est en fin de compte remis à la souveraineté du tribunal qui, après une délibération, a choisi de refuser toute publicité.
Discrétion
L'avocat de l'ancien animateur a rappelé en arrivant au tribunal que son client «assumait les faits».
«Il se voit comme un 'adolescent', il était très peu mature sur le plan affectif, il n'avait pas conscience de faire du mal à l'époque, et il a de lui-même tout arrêté quand il a compris qu'il faisait du mal», a expliqué à la presse Me Rimondi. Patrick Allenbach est resté discrètement debout derrière lui, de noir vêtu, dans la salle des pas perdus du tribunal.
Lors du procès, l'ancien animateur devait faire face à trois victimes, deux autres cas étant atteints par la prescription. Le ministère public lui reprochait des attouchements et des fellations sur des adolescents, durant les années 1980. Il pouvait écoper au maximum jusqu'à dix ans de prison. Son avocat a dit souhaiter que son client puisse, après le procès, poursuivre «les soins psychologiques qu'il a lui-même entamés».
Mis en examen en 2010
Patrick Allenbach est connu en Suisse romande pour avoir longtemps animé des émissions consacrées au rock, «Juke-Box Heroes» et «Rock et belles oreilles».
Usant de sa notoriété à la fin des années 1980 et durant les années 1990, il s'était notamment lié d'amitié avec une famille composée de quatre frères âgés de moins de quinze ans, à qui il confiait de petits «jobs» ou des petits rôles dans les clips qu'il tournait.
Les frères et d'autres adolescents recevaient des cadeaux, étaient invités à des dîners. De nombreux adolescents fréquentaient son domicile, décrit comme une «caverne d'Ali Baba pour adolescents».
La justice française avait entamé une enquête début 2010 après avoir reçu une alerte de la Suisse, à la suite de l'enregistrement par la police du canton de Genève de plaintes de ces quatre frères.
Après plusieurs mois d'investigation, Patrick Allenbach avait été mis en examen le 14 décembre 2010 pour «agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions» et placé sous contrôle judiciaire. Les faits, principalement commis en France, auraient débuté au cours des années 1980 et duré jusque dans les années 1990.
(ats/afp/Newsnet)



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