samedi 15 décembre 2012
GASTON REBUFFAT ( 1921 - 1985 )
Gaston Rébuffat (né le 7 mai 1921 à Marseille et mort le 1er juin 1985 à Paris) est un alpiniste français, membre notamment de l'expédition française à l'Annapurna de 1950.
Gaston Rébuffat découvre l'escalade dans les Calanques de Marseille (notamment l'escalade artificielle avec piton, mousqueton et étrier), puis à 16 ans il s'inscrit au CAF (section Haute Provence) où il découvre la haute montagne et fait la connaissance d'Henri Moulin qu'il considère comme « son grand frère de l'alpinisme ». Il découvre ensuite les Alpes et le massif du Mont-Blanc qui devient son jardin de jeux.
« Pendant des années, tandis que j'habitais Marseille, j'ai rêvé d'ascensions. Chaque hiver, j'attendais le mois de juillet avec impatience. Enfin, c'était le départ pour Ailefroide ou pour Chamonix. Je passais quelques journées sur les cimes, puis, un an encore, il me fallait attendre. Alors, un jour, décidant de vivre en montagne, je devins guide. »
En 1940, il s'engage à Jeunesse et Montagne où il rencontre Lionel Terray avec qui il va devenir ami. C'est dans le Centre École Jeunesse et Montagne du Valgaudemar que la passion des montagnes s'ancre profondément en lui. Il déménage ensuite pour Chamonix où il travaille dans la ferme de son ami Lionel Terray, en attendant d'être coopté à la Compagnie des guides de Chamonix.
En 1942, Gaston Rébuffat réussit son brevet de guide de haute montagne malgré son jeune âge (21 ans alors que l'âge requis était de 23 ans). Il poursuit alors son activité de moniteur à Jeunesse et Montagne, et en 1944 devient instructeur à l'École Nationale d'Alpinisme, ainsi qu'à l'École militaire de haute montagne. En juin 1945, Gaston Rébuffat intègre la prestigieuse Compagnie des guides de Chamonix sous la tutelle d'Alfred Couttet. Il devient alors le troisième "étranger" de la Compagnie, après Roger Frison-Roche et Édouard Frendo, alors que, traditionnellement, il fallait être né dans la vallée pour y entrer. Modeste skieur, il est guide à la belle saison, mais au lieu d'être moniteur de ski l'hiver, il s'essaye à l'écritur.
« Je pris possession de mon métier de guide (...) Il me sembla devenir tout à fait le capitaine de mon existence. »
« Je comprends mieux la raison qui nous pousse vers les grandes voies et les ultimes premières : ne pas se contenter de mettre les pieds dans les traces creusées par l'effort des pionniers. Être digne de l'héritage. »
En 1958, il est le réalisateur dédié à la montagne dans le film de Walt Disney Pictures, Le Troisième Homme sur la montagne (1959), tourné à Zermatt en Suisse, au pied du Cervin.
Il fut un hôte assidu de Sainte-Maxime, dans sa villa du bord de mer à l'entrée du port.
Un an avant sa mort d'un cancer, en 1984, il est décoré Officier de la Légion d'honneur.
Réalisations
Première ascension de l'arête Sud-Ouest intégrale de l'aiguille des Pélerins (1943)
Seconde ascension de l'éperon Frendo à l'Aiguille du Midi (1943)
Première ascension de l'arête Est du pic de Roc (1944)
Première ascension de la face Nord-Ouest du Grand Pic de Belledonne (1944)
Seconde ascension de l'éperon Walker aux Grandes Jorasses (1945)
Première ascension de la face Nord de la Dent du Requin (1945)
Quatrième ascension de l'éperon Croz aux Grandes Jorasses (1947)
Première ascension de la face Sud de l'Aiguille du Midi (1956)
pilier Bonatti aux Drus (1961)
Plusieurs de ces ascensions ont été réalisées avec Lionel Terray, Édouard Frendo ou le violoncelliste et humoriste Maurice Baquet. Fils d'une modeste couturière et marié à une fille d'architecte, sa belle-famille lui fait comprendre qu'il doit lui assurer un bon train de vie, si bien qu'il choisit des clients fortunés pour réaliser ses « premières ».
Gaston Rébuffat a participé à la première ascension de l'Annapurna en 1950 avec, entre autres, Jean Couzy, Lionel Terray, Maurice Herzog, Louis Lachenal, Marcel Ichac, Marcel Schatz, Jacques Oudot et Francis de Noyelle. Cet exploit restera une étape difficile de sa vie. Il n'est pas allé jusqu'au sommet, mais, avec Terray, il a secouru Lachenal et Herzog en perdition. Comme Lachenal, et contrairement à Herzog, il ne se sentait investi d'aucune mission patriotique ni mystique en gravissant ce sommet. Cet exploit lui valu à titre collectif avec les autres membres de l'équipe le Prix Guy Wildenstein de l'Académie des sports la même année, décerné à un groupement sportif dont la carrière ou l'œuvre d'éducation physique et sportive constituent un exemple. Il ne put raconter sa propre version de l'expédition d'Annapurna, le Comité de l’Himalaya ayant par contrat interdit aux membres de l'expédition d'en faire des récits : seuls des récits officiels cocardiers et inexacts, comme Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog étant autorisés.




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