samedi 15 décembre 2012
WALTER BONATTI ( 1930 - 2011 )
Walter Bonatti, né le 22 juin 1930 à Bergame, et mort à Rome le 13 septembre 2011, est un alpiniste, guide de haute montagne, journaliste et photographe italien. Il abandonne l'alpinisme de haut niveau en 1965, après avoir réussi l'ouverture d'une voie directe en hivernale et en solitaire dans la face nord du Cervin.
Enfant, il était fasciné par les cordées grimpant les aiguilles proches de chez lui. Un jour d'août 1948 un grimpeur lui propose de l'accompagner : cette première escalade l'enchante, c'est le début d'une passion. À peine un an plus tard, il affronte déjà des itinéraires prestigieux (face ouest de l'Aiguille Noire de Peuterey, éperon Walker dans les Grandes Jorasses).
En 1951, il accomplit une première dans le massif du mont-Blanc : la face est du Grand Capucin avec Luciano Ghigo, après qu'ils eurent renoncé tous les deux un an plus tôt pour cause de mauvais temps dans la paroi. Au retour des deux alpinistes Gaston Rébuffat définira cette ascension comme « le plus grand exploit en rocher accompli à ce jour, un exploit dont l'alpinisme italien peut être fier. »
Pendant l'année 1953, il réalise plusieurs itinéraires au Lavaredo dans les Dolomites. Il obtient ensuite son brevet de guide et s'installe à Courmayeur.
Expédition au K2[modifier]
Fin 1953 il est sélectionné pour faire partie d'une expédition italienne pour conquérir le K2 (8 611 mètres). Il est le plus jeune d'une équipe de 11 alpinistes.
Après la mise en place de plusieurs camps, le plan d'attaque du sommet est décidé : Achille Compagnoni et Lino Lacedelli monteront le camp IX, Walter Bonatti et Madhi (un Hunza) les ravitailleront. L'après-midi du 30 juillet, chargés principalement de bouteilles d'oxygène, les deux hommes montent difficilement à ce dernier camp situé à environ 8 100 mètres d'altitude. Arrivés à l'endroit prévu, après maintes recherches du camp, ils sont obligés de bivouaquer dans la neige, abandonnés par Compagnoni et Lacedelli. Le lendemain ils redescendent, Madhi gravement gelé, Bonatti ayant eu plus de chance est peu atteint.
Entre temps le sommet a été conquis. Compagnoni et Lacedelli déclareront qu'ils ont vaincu le sommet sans oxygène, abandonnant les bouteilles deux heures avant le sommet, en accusant Bonatti de s'en être servi pendant son bivouac improvisé. C'est cette version calomnieuse qui sera officialisée par Ardito Desio et le CAI (Club alpin italien). Bonatti commencera alors son combat pour rétablir la vérité : il n'a jamais touché aux bouteilles qu'il a montées au camp IX. S'ensuivra une longue polémique, et c'est en 1993 que des preuves irréfutables seront dévoilées1. Il aura fallu 50 ans à Walter Bonatti pour rétablir la vérité sur cette affaire, puisqu'en 2004 le club alpin italien annonce enfin que la version officielle de l'ascension est celle de Bonatti.
Alpiniste
En août 1955, il passe six jours dans le pilier sud-ouest des Drus, en solitaire, pour ouvrir une nouvelle voie qui sera désormais appelée le pilier Bonatti.
Noël 1956, il tente (avec Silvano Gheser) l'ascension hivernale de la voie dite La Poire. Le départ tardif les oblige à renoncer à leur projet. Ils décident d'atteindre le mont Blanc par l'éperon de la Brenva, en compagnie de deux alpinistes, le Français Jean Vincendon et le Belge François Henry. Bloqués par le mauvais temps au sommet de l'éperon, les quatre hommes décident de rejoindre le refuge Vallot. La cordée de Bonatti l'atteindra, mais leurs deux compagnons, épuisés, se réfugieront dans une crevasse, après avoir suivi à la descente l'ancien passage inférieur qui aboutit sur le Grand Plateau, sous la face nord du mont Blanc. Bonatti ne peut plus les aider, son compagnon souffrant de graves gelures. Ils redescendront tous les deux et seront sauvés. Les deux autres mourront, la polémique sur les tentatives de sauvetage depuis la vallée deviendra l'affaire Vincendon et Henry, qui révolutionnera les secours en montagne.
En 1961, Walter Bonatti survivra dans le massif du Mont-Blanc, en compagnie de Pierre Mazeaud et de Roberto Gallieni, à ce que la presse appellera la grande tragédie du Pilier Central du Frêney qui vit la mort d'Andrea Oggioni, Pierre Kohlmann, Robert Guillaume et Antoine Vieille.
Il réalisera encore de grandes premières dans les Alpes les années suivantes, tout en s'éloignant de plus en plus du club alpin italien dont il ne partage pas les idées. Tenté par l'ascension du Cervin, mais lassé d'attendre ses compagnons de cordée, il part alors seul dans la face nord en plein hiver pour ouvrir une nouvelle voie directe. Il en sort en trois jours.
Explorateur et reporter
Sur cet exploit il décide alors d'arrêter l'alpinisme extrême pour se consacrer à l'exploration des terres lointaines, la découverte d'horizons inconnus. Il devient grand reporter pour l'hebdomadaire Epoca, et va sillonner pendant des décennies toute la planète.


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