dimanche 3 février 2013

ALESSIA ET LIVIA


«Les jumelles sont avec moi à chaque instant de ma vie»

Par Federico Camponovo. Mis à jour le 29.01.2013 14 Commentaires
Deux ans jour pour jour après l’enlèvement des jumelles Alessia et Livia, 6 ans, leur mère, Irina Lucidi, se confie en exclusivité.
Le 28 janvier 2011, le père d'Alessia et Livia, Matthias S., passait chercher ses filles à l'école pour le week-end. Il ne les ramènera jamais. Son corps était découvert sans vie le 3 février à Cerignola, dans le sud de l'Italie.
Le 28 janvier 2011, le père d'Alessia et Livia, Matthias S., passait chercher ses filles à l'école pour le week-end. Il ne les ramènera jamais. Son corps était découvert sans vie le 3 février à Cerignola, dans le sud de l'Italie.
Image: PATRICK MARTIN - A
On s’attend à rencontrer une mère sombre, brisée par un drame inconcevable, et c’est une femme solaire qui s’assied à vos côtés dans l’hôtel de Saint-Sulpice. On se demande pourquoi elle reste ici, où chaque coin de rue lui rappelle le bonheur passé, pourquoi elle ne tente pas de tourner le dos au pays où elle a vécu une tragédie?
«Il y a bien des gens qui aimeraient que je m’en aille, que je cesse de les enquiquiner avec ma fondation pour les enfants disparus, dit-elle avec vigueur. Mais j’ai un devoir moral envers Alessia et Livia, comme la société dans son ensemble. Je m’explique: tout le monde peut commettre des erreurs, mais il ne faut pas les répéter. Si j’avais été en France, le lundi 31 janvier, au lendemain de mon premier coup de fil à la police, j’obtenais immédiatement le déclenchement d’une alerte enlèvement…»
«Rendez-vous compte qu’à ce jour, poursuit-elle, je ne sais toujours pas si Alessia et Livia sont vivantes ou mortes. Comment voulez-vous que je les abandonne, alors qu’elles sont avec moi à chaque instant de ma vie?»
C’est la raison pour laquelle elle a fondé Missing Children Switzerland, dont elle dément vouloir quitter la présidence comme cela a été écrit. «Au sein de la fondation, je m’occupe essentiellement de la partie juridique et politique, et j’ai bien l’intention de continuer. Parce qu’en Suisse, rien n’est fait pour les enfants qui disparaissent. Il n’y pas de statistiques fiables, et c’est donc comme s’il n’y avait pas de problème

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