samedi 2 février 2013
CUBA
Cuba: des étudiants critiquent ouvertement le régime
La vidéo que tout le monde se passe sous le manteau à Cuba depuis quelques jours est surréaliste. On y voit deux étudiants littéralement tancer Ricardo Alarcon, numéro trois du régime après Fidel et Raul Castro. « Je ne connais aucun des candidats pour l’Assemblée populaire et je dois voter pour eux ? » s’interroge perfidement, Alejandro Sanchez, le premier représentant étudiant, devant le président de l’Assemblée populaire qui désignera le 24 février le successeur de Fidel Castro.
« Comment se fait-il, reprend un autre, que tout ici s’achète en peso convertible, alors que les travailleurs gagnent des pesos cubains à la valeur 25 fois inférieure ? Pourquoi, par exemple, une brosse à dents coûte-t-elle trois jours de travail à un Cubain ? »
Sonné par cette inhabituelle contradiction, Ricardo Alarcon doit encore souffrir l’impertinence du même Eliécer Ávila Cicilia. « Pourquoi, lance-t-il, n’avons-nous pas le droit de sortir du pays ou séjourner dans un hôtel ? Pourquoi, avec toutes mes économie, m’est-il impossible d’acheter un billet d’avion pour aller en Bolivie voir où est mort le Che ? »
La fin de la vidéo tournée il y a trois semaines lors d’une réunion à l’université de Sciences de Santiago et reprise il y a quelques jours par la BBC, montre surtout cette scène ubuesque dans laquelle Ricardo Alarcon se défend en expliquant que « si les six milliards d’habitants de la terre prenaient l’avion, le ciel serait très embouteillé … »
Dans l’île où croupissent plus de 200 prisonniers politiques, et où après un demi-siècle de dictature, les Cubains ont pour habitude de ne jamais s’attaquer au régime par peur des représailles, cette scène est une petite… révolution. D'ailleurs, selon sa mère, Eliécer Ávila Cicilia a été arrêté vendredi dernier par la police…
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