lundi 4 février 2013

LES SARKO GIRLS EN DEROUTE


Rachida, Fadela et Rama : les Sarko girls en déroute

Abandonnées par l’Élysée, les ex-symboles de la diversité se cherchent un destin ailleurs.
Elles étaient les étoiles montantes de la sarkozie. Le symbole de l’ouverture à gauche, de la diversité ­invitée dans les palais de la République, de la modernité présidentielle. « Nous avons ringardisé la gauche », se gaussait-on à l’Élysée. Mais ­aujourd’hui, la photo, qui a moins de cinq ans, semble avoir déjà jauni. Le président a changé. Il l’a dit ­dimanche : « J’ai fauté quand j’étais plus jeune. J’ai vu les ravages de l’arrogance. » Nouveau style, nouvel entourage. Moins tape-à-l’œil. ­Plutôt Morano que Dati. Exit les ­souvenirs d’un passé trop bling-bling. Dehors Rama, Rachida et ­Fadela. D’autant que les trois égéries sont ­devenues ingérables. Contrairement au bon petit soldat Morano, elles ont rué dans les brancards. N’hésitant pas, pour l’une, Rama Yade, à critiquer la visite du ­colonel Kadhafi, pour l’autre, Fadela Amara, à se ­déclarer contre les tests ADN sur les enfants d’immigrés ou encore, pour une troisième, Rachida Dati, à attiser des rumeurs sur le couple présidentiel. « Il y a eu de véritables ­erreurs de casting durant la première partie du quinquennat, commente un proche de l’Élysée. Rachida, Rama et Fadela n’ont pas été les seules. Il y a aussi eu Morin à la Défense, Hortefeux à ­l’Intérieur. » Mais aucun n’a été gratifié du même traitement que les trois Sarko girls, qui ont purement et simplement ­disparu de l’horizon sarkozyste et usent aujour­d’hui de leur franc-parler pour décrocher des flèches contre le camp présidentiel.
« Oui, j’ai peut-être fait l’erreur de leur en donner trop et trop vite. Si c’était à refaire, je les protégerais davantage », a confié Nicolas Sarkozy lors d’une longue discussion avec des journalistes, le 21 janvier à Cayenne. À propos de Rachida Dati, le président de la République dit : « J’ai cru en elle. Elle a du ­talent. […] Je lui ai dit que son talent pouvait encore m’être utile s’il s’exprimait sur autre chose que sur François Fillon. Ce n’est pas bon pour elle. Il faut tourner la page. » Les comparant à la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qu’il estime avoir « mieux protégée », il ajoute : « Je l’ai nommée simple secrétaire d’État. Vous voyez ­aujourd’hui, elle est à la tête d’un des plus gros ­ministères. Elle était prête. Je n’ai pas eu cette ­prudence avec d’autres. Ça explique leur comportement. J’en ai ma part de responsabilité. »

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