C POLITIQUE
Géraldine Muhlmann, le nouveau visage de C politique.
Le dimanche 6 mars, Géraldine Muhlmann a succédé à Nicolas Demorand à la présentation de C politique. Alors que l’élection présidentielle arrive à grands pas, la journaliste, docteur en science politique, se passionne pour cette nouvelle aventure.
Entretien avec Géraldine Muhlmann
L'exercice du face-à-face, en direct et en public.
Vous venez de reprendre les rênes de C politique. Comment envisagez-vous ce nouveau défi ?
Géraldine Muhlmann : Mes dernières expériences professionnelles, notamment sur Paris Première où j’animais Cactus, un débat sur l’actualité, m’ont habituée à des débats houleux avec de nombreux invités en plateau. Les voix s’élevaient, les interlocuteurs se contredisaient. Aujourd’hui, avec C politique, je ne vais pas mener un débat contradictoire, mais un face-à-face, yeux dans les yeux, avec une personnalité politique. La concentration est maximale. Là encore, l’écoute est essentielle. Que dit mon invité ? Répond-il à mes questions ? J’attends de ces rencontres qu’elles apportent quelque chose aux téléspectateurs, qu’elles soient fécondes.
L’émission dure soixante-dix minutes. C’est un format plutôt long pour une émission politique…
G. M. : Oui, c’est vrai. Sur ces soixante-dix minutes, il y a vingt minutes de reportages, mais aussi cinquante minutes consacrées au face-à-face avec l’invité. C’est une durée rare pour une émission politique. Les personnalités que je reçois ont peu l’occasion de pouvoir s’exprimer aussi longuement sur un plateau de télévision. C’est attirant pour elles, mais c’est aussi un exercice très exigeant. De mon côté, ces cinquante minutes me laissent aussi le temps de faire parler mes invités et d’arriver à leur faire dire ce qu’ils ne disent pas spontanément.
Nous sommes à la veille de grandes échéances électorales. Cela change-t-il votre façon d’aborder les choses ?
G. M. : Il y a une atmosphère particulière dans l’air. On sent une véritable attente de la part des Français. La situation actuelle, qui ne porte pas à l’optimisme, rend les gens inquiets. Le volontarisme affiché aussi bien par Nicolas Sarkozy que par Ségolène Royal lors des dernières élections, en 2007, a laissé les gens très frustrés et sceptiques. Peut-on encore faire confiance aux politiques ? Ceux-ci ont-ils réellement des marges de manœuvre face aux difficultés du monde actuel ? Les citoyens sont dans le doute. Je sais bien qu’en interrogeant les politiques, j’ai une responsabilité morale et politique : je dois me faire l’écho, autant que possible, de l’inquiétude de ceux qui nous regardent.
Quel ton souhaitez-vous donner à l’émission ?
G. M. : Je souhaite établir la juste distance avec ceux que je reçois. Je suis à l’écoute mais, dans le même temps, j’ai une exigence forte : j’attends que mes invités m’apportent des réponses claires. Je ne compte pas arriver à mes fins de manière agressive. Ce n’est pas la peine de crier. Je suis calme, posée. Mais j’ai ma personnalité !
Comment préparez-vous vos interviews ?
G. M. : Je travaille beaucoup mes émissions en amont. Tout au long de la semaine qui précède, je prends des notes, je constitue des dossiers sur les sujets qui font l’actualité et sur les personnalités que je vais recevoir. Je finalise mon interview la veille du direct, mais c’est le dimanche que l’émission prend véritablement sa forme définitive. L’ordre des sujets est arrêté le jour même avec Jérôme Bellay, le producteur de C politique.
Le direct est-il un moteur pour vous ?
G. M. : Oui, il génère une tension, un stress, une intensité qui me plaisent. Les téléspectateurs nous regardent au moment précis où nous parlons. C’est très enrichissant.
Quels liens entretenez-vous avec le milieu politique ?
G. M. : Je n’en ai aucun. Je n’entre pas en relation avec mes invités pour préparer l’émission, n’accepte aucun déjeuner avec eux et ne les retrouve pas après C politique pour boire un verre. C’est mieux ainsi et ça me va très bien !
Propos recueillis par Isabelle Ducrocq
GÉRALDINE MUHLMANN EN QUELQUES DATES
Normalienne, diplômée de Sciences Po, agrégée de philosophie et docteur agrégée de science politique, Géraldine Muhlmann a également obtenu un master en journalisme à la New York University. C’est d’ailleurs aux Etats-Unis, en 1995-1996, qu’elle a fait ses débuts dans le journalisme. Elle est actuellement professeur de science politique et de philosophie politique à l’université Paris II-Panthéon-Assas et a publié deux ouvrages sur le journalisme. Elle intervient depuis 2003 dans l’émission On refait le monde sur RTL et, depuis cette année, elle dialogue avec Franz-Olivier Giesbert dans le Face-à-face du samedi sur RTL. On la découvre à la télévision, sur France 5, dans Le Bateau livre (2004-2008). En 2008, elle présente également sur notre antenne Le Doc du dimanche. Elle participe aussi sur LCI à Politiquement Show (2007-2008) et, sur Paris Première, anime Cactus (2008-2010). Depuis le début de l’année, elle intervenait dans Face aux Français sur France 2 et également sur i>TELE, mais elle a choisi de renoncer ces collaborations pour se consacrer à ses émissions sur RTL et sur France 5.

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