samedi 4 février 2012

YVES PACCALET


Yves Paccalet est un écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste français, né le 15 novembre 1945 dans le hameau de Tincave (commune de Bozel), en Savoie. Il est membre d'Europe Écologie - Les Verts.

Diplômé en philosophie de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, il participe aux expéditions du commandant Cousteau à partir de 1972 et jusqu'en 1990. Il publie de nombreux ouvrages en collaboration avec l'océanographe, et lance avec lui, en 1981, la Fondation Cousteau.



Ecrivain et philosophe, Yves Paccalet est l’auteur d’une soixantaine d’ouvrages, dont dernièrement, Partageons !, publié en cette rentrée aux éditions de l’Aube. Un livre d’entretiens avec Gilles Vanderpooten qui porte, selon le naturaliste, sur le sujet de "l’idiotie humaine, sur la nécessité que l’on a, quand même, si l’on veut survivre en tant qu’espèce, d’être un tout petit peu moins idiot". Et qui en appelle à bâtir une autre utopie, celle du partage.


"Nous avons eu", explique notre invité, "un certain nombre de coups de pied nucléaires dans le derrière. Il y eu Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima. Hélas, on peut être sûrs qu’il y en aura d’autres, cela ne fait aucun doute, contrairement à ce que certains voudraient nous assurer. Alors, les coups de pied, j’aimerai qu’ils soient un peu plus tendre, que ceux que je crains maintenant."

"Le problème, aujourd’hui, est le suivant. On nous parle sans arrêt de la croissance. Je ne suis pas contre la croissance, mais je dis tout simplement que c’est la plus grande utopie à l’heure actuelle que l’on nous sert. On sera, au mois d’octobre, 7 milliards d’êtres humains, avec 2 milliards de personnes dans le monde qui ont moins de 2 euros par jour pour vivre. La croissance, ce n’est qu’un peu d’intelligence humaine, un peu d’organisation et puis surtout, beaucoup d’énergie physique (pétrole, charbon...). Le problème est que l’énergie pour donner un niveau de vie comparable au nôtre à 7 milliards d’hommes, il n’y en a pas assez."

Alors qu’est-ce qu’il nous reste comme solutions ? Ou bien, on se dit que l’on va faire, nous, la croissance dans notre petit coin. C’est ce que tout le monde dit maintenant, sauf que tout le monde sait que cette façon de faire suscite évidemment la jalousie des autres et la violence. Donc, je dis que si l’on fait cela, on aura la guerre. Ou l’autre solution", poursuit le philosophe, "est de partager. Et évidemment, pour les pays riches, cela veut dire de baisser un peu notre niveau de vie, parce que de toute façon, au niveau de vie occidentale, la Terre n’a pas assez de ressources. Il nous faudrait, si tout le monde vivait comme les Américains, six ou sept planètes. C’est cela le problème dont les politiques ne parlent pas, à part les écolos, évidemment, qui ne parlent que de cela".

"Comme je viens de le dire, l’utopie de la croissance est la pire des utopies, donc autant essayer d’en bâtir une autre. Je sais bien que c’est un oxymore et que cela paraît impossible. Mais, il faut que cela soit de la démocratie, parce que l’on n’arrivera à rien sans la démocratie. Il faut que le partage soit aussi celui du pouvoir avec les gens qui n’ont rien ou ont peu. Et je crois que l’on peut - sinon bâtir totalement l’utopie, parce que chacun met dans le futur ce qu’il a envie d’y voir - au moins bâtir une sorte de démocratie vivable. Ce n’est pas beaucoup demander et c’est quand même beaucoup demander au fond", explique Yves Paccalet.



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