jeudi 7 février 2013
LISE-MARIE MOREROD
«CHAQUE JOUR EST UN CADEAU»
DÉCEMBRE 1977
Une de nos plus grandes championnes de ski. Vingtquatre victoires, dont la Coupe du monde en 1977. Un terrible accident met fin à cette brillante carrière, dont elle conserve aujourd’hui encore des séquelles physiques. Il y a dix ans, ruinée par un ami indélicat, elle confiait à la presse être au bord du gouffre.
La championne cabossée par la vie a-t-elle remonté la pente?
Ce n’est pas le top, je sors d’une sinusite purulente qui a bien failli m’emporter.
Il y a dix ans, nous évoquions vos problèmes d’argent et votre attrait pour le jeu. Où en êtes-vous?
Je gère mieux. Mais, à l’époque, certains m’ont présentée comme une profiteuse qui réclamait de l’aide pour aller jouer. Ça m’a cassée. J’ai mis dix ans à me reconstruire. Mon mariage n’a pas résisté. J’ai toujours travaillé pour gagner ma vie et je n’ai jamais eu de dettes de jeu!
Vous jouez toujours?
Modérément. Je me fixe une somme limite qui ne dépasse jamais 50 francs. Bien sûr, c’est toujours tentant, les machines à sous. On gagne 20 francs, on aimerait en avoir 40 parce qu’on a besoin d’améliorer son ordinaire. Les gens qui jouent comme moi au bistrot sont des gens qui n’ont pas d’argent!
De l’amertume, parfois, par rapport aux championnes qui ont su faire fructifier leurs millions?
J’essaie de ne pas être jalouse. Quand j’ai perdu la médaille d’or du géant, au Championnat du monde de Garmisch en 1978, pour 5 centièmes, je me suis dit: «C’est super d’avoir une médaille d’argent!» Aujourd’hui, je peux marcher, je donne des cours de ski, je m’occupe de personnes âgées qui illuminent ma vie, j’ai un fils qui est magnifique, je prends chaque jour comme un cadeau. Mon modèle dans la vie, c’est Laurent Fignon, un magnifique champion!
Qu’est-ce qui vous manque le plus?
Dix mille francs sur mon compte… Côté coeur, j’ai deux gaillards en ligne de mire, mais c’est dur de choisir, et je ne suis pas facile à vivre! (Rire.)
Que conseilleriez-vous à une jeune qui rêverait de skier sur vos traces?
Mon adage: l’expérience est le nom que l’on donne à ses erreurs!

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire